Quand on nous a annoncé que la FIV ICSI était pour nous le meilleur moyen d’avoir des enfants, ça ne m’est pas du tout apparu comme une solution. Ça ne m’a pas soulagé de savoir qu’il y avait une alternative médicale à la reproduction naturelle. J’ai paniqué.
Pour moi, ça ne pouvait être qu’un long et douloureux parcours couronné d’échec. Les filles qui en faisaient 3 ou 4 ne pouvaient être que des dépressives profondes, acharnée à sacrifier leur vie et leur santé. La FIV pour moi, c’était une dérive de la science moderne, un trip d’apprentis sorcier, un phénomène de mode… Et surtout, surtout, un cancer assuré dans 10 ans et la destruction garantit de mon appareil reproductif qui, après tout, était encore jeune et en relativement bonne santé. (Sans parler des doutes concernant la santé du bébé à venir cf. Le doute II)
Avec tant d’imagination et tant d’appréhension, comment me suis-je lancée dans ce parcours-là ? Je ne sais plus trop. Sûrement parce que ça paraissait tellement simple dans la bouche du médecin que je me sentais un peu lâche de ne pas tenter le coup. Après tout, je n’avais pas la preuve des effets secondaires redoutés. Les témoignages n’étaient pas rassurants : prise de poids, dépression, dérèglement hormonal, ventre enflé et douloureux, seins volumineux, fatigue, hyperstimulation, douleurs abdominales persistantes… Mais rien n’indiquait qu’ils étaient systématiques ou irrémédiables. Et je n’ai pas trouvé d’études indiquant qu’il y avait plus de cancer chez les femmes ayant suivi des FIV, ni que cela rendait plus difficile des grossesses naturelles ultérieures.
En y réfléchissant, Je sentais confusément que renoncer par peur ou par confort, ce serait difficile à assumer. D’autant plus qu’une telle décision ne pénalisait pas que moi. Elle nous forçait tous les 2 à abandonner notre projet de bébé.
Maintenant que le dénouement du premier transfert approche , j’en sais davantage sur l’investissement « physique » que représente un protocole de FIV.
La ponction des ovocytes est de loin l’acte le plus lourd. Parce qu’il se pratique sous anesthésie générale et parce qu’on le sent durant quelques jours. Mais bon. Je suis quand même allée chez le coiffeur en sortant de l’hosto (au bras de ma frangine, attention, faut pas le faire toute seule !). J’ai eu mal le soir, j’ai rien fait le lendemain et j’ai travaillé le surlendemain. L’anesthésie est très courte et l’opération très surveillée, comme il se doit. Il n’y a pas de sang. Pas de cicatrice non plus puisqu’on passe par les voies naturelles. Pas excessivement douloureux donc, quand on est bien opérée.
La stimulation n’est pas douloureuse à proprement parler. Les piqûres (sous le nombril) sont désagréables mais sans plus. Ça fait régulièrement de beaux bleus. Les prises de sang très tôt le matin réclament de ne pas veiller trop tard et de ralentir sur les sorties en semaines. Je n’ai pas senti de changement physique malgré les piqûres d’hormones. Ni d’humeur. Pas de bouffée de chaleur non plus comme j’ai pu le lire chez d’autres. Je n’ai pas eu de chance avec le kyste (cf Episode 5), car ce n’est pas fréquent.
Après le transfert (en ce moment donc) je ne sais pas si c’est l’angoisse des résultats, les suites de la ponction ou le traitement hyper dosé en progestérone (800 mg/jour d’Utrogestan) mais j’ai beaucoup plus d’effets secondaires. Fatigue pour commencer. J’ai vraiment du mal à suivre. Les maux de ventre sont quasi permanents et relativement supportables mais épuisants : j’ai l’impression qu’on y a coulé du béton. J’ai vraiment mal à la poitrine aussi. Des symptômes trop marqués pour que je puisse y voir un signe de grossesse (indécelable à ce stade de toute façon) et qui ont raison de ma volonté de penser à autre chose.
En conclusion : je me dis que cette première tentative s’est tout de même relativement bien passée sur le plan physique. Je suis contente d’avoir osé me rendre compte par moi-même que l’épreuve est supportable et que le jeu en vaut la chandelle. J’appréhendais beaucoup donc je suis plutôt rassurée. J’essaie de me consoler en me disant que si ça ne marche pas, au moins, j’aurai appris ça. Et peut-être que cela m’aidera à envisager un 2° round de PMA (comme dirait Christine :) Ce qui est vrai, c’est que c’est prenant. Pas beaucoup de place pour autre chose durant un mois et demi de traitement intensif, voire plus avec les TEC…
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3 commentaires:
c'est chouette que tu n'aies pas ressenti d'effet de la stimulation. moi j'ai eu mal aux ovaires à chaque fois, et en plus, je prends un médicament (pour épaissir l'uterus) qui m'a pas mal déprimée à chaque fois.
les effets de la progestérone, eh bien oui, c'est bien ce que tu décris (chez moi, tension mammaire importante aussi). très (trop) proches des symptômes de grossesse, sauf que... c'est trop tôt.
le verdict approche, j'espère que tu es toujours aussi zen, bon courage pour les derniers jours.
bises,
Christine
Bonjour,
J'ai aujourd'hui bientot 40 ans impossible pour moi d'avoir un enfant en 2003 celio au bleu pour voir l'état des trompes verdict foutues après avoir attendu une année salpingectomie (ablation des trompes) Premier traitement en mars pour une fiv transfert des embryons le 07 avril et 2 semaines après je suis tombée enceinte, tout s'est très passé ma petite fille s'appele SARAH et elle va très bien elle aura bientot 8 mois.
Courage le traitement est un peu pénible, mais heureusement qu'il existe sinon sarah ne serait pas là aujourd'hui. BON COURAGE
MIMI
merci de vos encouragements, mimi… Nous n'avons pas dit notre dernier mot :-)
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